
Le château de Ki (Kinojō) est une ancienne forteresse japonaise située au sommet du mont Kinojō, dans la ville de Sōja (préfecture d’Okayama). Il appartient au type de châteaux de montagne dits kogoishi. Bien qu’il soit en ruine, une partie de ses murailles ainsi que la porte ouest ont été restaurées, et le site est aujourd’hui aménagé en « parc historique et naturel » ouvert au public. En 1986, le mont Kinojō (incluant les vestiges du château) a été classé site historique national, et en 2006, il a été inscrit par l’Association japonaise des châteaux parmi les « 100 châteaux remarquables du Japon » (n° 69). Il est également connu comme le théâtre de la légende du prince Kibitsuhiko affrontant l’ogre Ura, récit considéré comme l’origine de la légende de Momotarō.
La date exacte de sa construction n’est pas mentionnée dans les chroniques, mais les fouilles archéologiques suggèrent qu’il fut érigé à la fin du VIIᵉ siècle par la cour de Yamato, dans le cadre d’un réseau de fortifications destinées à protéger le Japon le long de la mer intérieure de Seto. Le site culmine à 397 mètres d’altitude, avec des remparts qui encerclent la montagne aux alentours des 7ᵉ à 9ᵉ niveaux, sur environ 2,8 km, couvrant une superficie de près de 30 hectares. Les murailles, essentiellement en terre damée, comportaient quatre portes, des tours d’angle et des portes d’eau. Particularité notable : l’utilisation de fuki-ishi (pierres de protection placées au pied des murs), attestée ici pour la première fois au Japon, révèle un haut degré de maîtrise technique.
Les fouilles ont mis au jour des vestiges de greniers sur pilotis, de bâtiments administratifs, d’ateliers de forge et de nombreuses autres structures. Des céramiques Sue et Haji, ainsi que des outils en fer, y ont été découverts, attestant des fonctions de stockage alimentaire et de production militaire du château. Au pied sud, des levées de terre pourraient avoir servi à bloquer l’accès, à l’instar des fortifications hydrauliques du château d’Ōno, dans le Kyūshū.
Le château de Ki compte parmi les rares forteresses de montagne anciennes relativement bien préservées au Japon. Sa porte ouest et sa tour d’angle reconstruites, ainsi que le « centre d’accueil de Kinojō » et les plateformes d’observation, permettent aux visiteurs de découvrir les vestiges tout en admirant les panoramas sur les plaines de Sōja et d’Okayama, la mer intérieure de Seto et, au loin, le château de Yashima (Shikoku).
Concernant son nom, « Kinojō » (鬼ノ城) n’a pas de lien direct avec le mot japonais oni (« démon »). En langue Paekche, « Ki » signifiait « château », tandis que « -no-jō » en japonais est une redondance. Par la suite, le caractère « 鬼 » (oni) lui a été associé et relié à la légende d’Ura, ce qui a peu à peu donné naissance à l’appellation actuelle.
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