Temple Hōryū-ji
Le temple Hōryū-ji, situé dans la ville d’Ikaruga, district d’Ikoma (préfecture de Nara), est le siège de l’école Shōtoku et constitue un symbole majeur de la culture bouddhique japonaise. À l’origine appelé Ikaruga-dera, il prit plus tard le nom de Hōryū-ji. Son histoire remonte à l’an 607, sous le règne de l’impératrice Suiko, et il entretient un lien étroit avec le prince Shōtoku. Le complexe s’étend sur 187 000 m² et se divise en deux grands ensembles : l’enceinte occidentale (Sai-in) et l’enceinte orientale (Tō-in). L’enceinte occidentale conserve les plus anciennes constructions en bois encore existantes au monde, inscrites en 1993 au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO, en même temps que le temple Hōki-ji.
En entrant, on découvre d’abord l’enceinte occidentale. Depuis la porte sud, l’espace solennel se déploie avec le Pavillon principal (Kondō) à droite et la pagode à cinq étages (Goju-no-tō) à gauche, tous deux entourés par un cloître en forme du caractère « 凸 ». La Porte médiane (Chūmon) est remarquable : sa façade comporte quatre travées, contrairement au nombre impair habituel dans l’architecture des temples japonais, ce qui en fait un exemple unique. De part et d’autre de cette porte se trouvent les premières statues connues des gardiens Niō au Japon. Le Kondō se distingue par son toit à double niveau et ses consoles richement sculptées ; à l’intérieur sont vénérées des statues de Shakyamuni, Yakushi Nyorai et Amida Nyorai, ainsi que d’autres chefs-d’œuvre de l’art bouddhique. En 1949, un incendie accidentel survenu lors de travaux endommagea ses peintures murales, événement qui entraîna la promulgation de la Loi de protection des biens culturels au Japon et fit du 26 janvier la « Journée de la protection du patrimoine culturel ». La pagode à cinq étages, haute de 31,5 mètres, présente une silhouette élégante et équilibrée ; son intérieur abrite des scènes sculptées illustrant des récits bouddhiques tels que le Nirvana du Bouddha et les dialogues du Sūtra de Vimalakīrti, toutes classées Trésors nationaux.
L’enceinte orientale s’élève sur l’ancien palais d’Ikaruga du prince Shōtoku. Son édifice central est le Yumedono (Pavillon des Rêves), un bâtiment octogonal qui abrite le célèbre Guze Kannon, censé représenter le prince Shōtoku. Longtemps considéré comme un Bouddha caché, il resta enveloppé de tissu blanc jusqu’à ce que, à l’époque Meiji, Okakura Tenshin et d’autres chercheurs révèlent son visage. Aujourd’hui encore, il n’est exposé au public que durant certaines périodes au printemps et en automne. L’enceinte orientale comprend également le Pavillon des Peintures, le Pavillon des Reliques et le Pavillon Denpō-dō, où sont conservées de précieuses statues bouddhiques datant des époques de Nara et de Heian.
Enfin, le Grand Trésor (Dai-hōzō-in) mérite une visite attentive. Il conserve des trésors inestimables de l’art bouddhique, notamment le Kannon de Paekche de l’époque Asuka, célèbre pour sa silhouette fine et élancée, considéré comme un chef-d’œuvre absolu. Parmi les autres pièces maîtresses figurent le Kannon du Yumedono, auquel on attribue le pouvoir de transformer les mauvais rêves en rêves heureux, ainsi que le sanctuaire Tamamushi, un meuble orné d’ailes de coléoptères, rare vestige de l’artisanat et de la peinture de l’époque Asuka, illustré notamment par la fameuse scène du « Tigre nourri par le sacrifice ».
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