Le temple Hokiji se situe à Okamoto, dans la ville d’Ikaruga (district d’Ikoma, préfecture de Nara). Il appartient à la secte bouddhique Shōtoku, son nom de montagne est Okamoto-san et sa divinité principale est le Kannon à onze visages. Ce temple ancien, autrefois appelé Okamoto-dera ou Ikegoshi-dera, fait partie avec Hōryūji et Chūgūji des hauts lieux de la culture bouddhique d’Ikaruga. En 1993, il a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO sous l’intitulé « Monuments bouddhiques de la région de Hōryūji ».

Pendant longtemps, le nom du temple se lisait Hokkiji. Toutefois, lors de l’inscription au patrimoine mondial, il fut décidé d’adopter officiellement la lecture Hokiji afin d’uniformiser la prononciation du caractère « 法 » () avec celle de Hōryūji. Néanmoins, la lecture traditionnelle Hokkiji reste encore largement répandue.

Les origines du Hokiji sont étroitement liées au prince Shōtoku. Le site aurait été autrefois le palais d’Okamoto, où le prince enseignait le Sūtra du Lotus. À l’approche de sa mort, il demanda à son fils, le prince Yamashiro no Ōe, de transformer le palais en temple. Par la suite, en 638 (10ᵉ année de l’empereur Jomei), le moine Fukuryō construisit le Kondō et une statue de Miroku (le Bouddha Maitreya). En 706 (3ᵉ année de l’ère Keiun), le moine Eshi érigea la pagode à trois étages. Le complexe monastique mit plus de 80 ans à se constituer.

Aujourd’hui, la seule structure d’origine encore debout est la pagode à trois étages. Haute d’environ 24 mètres, construite au début du VIIIᵉ siècle, elle est considérée comme la plus ancienne pagode de trois étages du Japon, ainsi que l’une des plus imposantes. Contrairement aux pagodes habituelles, l’étage supérieur présente un espacement particulièrement étroit entre ses colonnes, ce qui en fait une singularité architecturale. La pagode a subi de grandes réparations à l’époque d’Edo, puis une restauration complète dans les années 1970, lui redonnant son aspect proche de l’origine.

Le Hokiji connut son apogée à l’époque de Nara, puis un déclin durant l’ère de Heian, si bien qu’à l’époque d’Edo, seule la pagode subsistait. À l’époque moderne, après plusieurs changements de rattachement religieux, le temple a finalement rejoint la secte Shōtoku en même temps que Hōryūji.

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